lundi 5 septembre 2016

William GEDNEY - De l'art de faire mentir Henry MILLER


But i saw a street called Myrtle Avenue, wich runs from Borough Hall to Fresh Pond Road, and down this street no saint ever walked (else it would have crumbled), down this street no miracle ever passed, nor any poet (...) Henry Miller - Tropic of Capricorn.



Mais je voyais une rue qui s'appelait Myrtle Avenue qui va de Borough Hall à Fresh Pond Road, que nul saint n'a jamais foulée (sinon elle se fût effondrée) où nul miracle jamais n'a passé, nul poète, nul spécimen du genre humain - de même qu'aucune fleur n'y a jamais poussé, que le soleil ne l'a jamais illuminée, la pluie jamais lavée. En fait d'Inferno trouvez mieux et plus vrai si vous le pouvez; mais moi j'y ai vécu jour après jour pendant vingt ans, je ne vois rien de mieux à vous offrir que Myrtle Avenue, entre mille et mille allée cavalières du même genre pareillement sillonnées par des monstres de fer et toutes aboutissant au coeur du vide américain. (...) Cher lecteur, arrangez-vous pour visiter Myrtle Avenue avant de mourir, ne serait-ce que pour comprendre avec quelle clairvoyance Dante a lu dans l'avenir. Et croyez-moi lorsque je vous dit que pas plus dans les maisons qui bordent que dans les pierres qui la pavent, dans la structure aérienne qui la coupe en deux, dans aucune bête, aucun oiseau, aucun insecte qui l'empruntent pour aller à l'abattoir ou en revenir, ne peut exister l'espoir du moindre "lubet", de la moindre "sublimation" ou "abomination". Ce n'est pas une rue de douleur; la douleur est humaine et reconnaissable; c'est la rue du vide pur (...). Henry Miller - Tropique du Capricorne.

Pourtant, un poète a fréquenté Myrtle Avenue... C'est William Gedney avec son appareil photo !







Merci à David Gonzalez du New York Times et Burned Shoes

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

D'avance, merci de votre participation !