mardi 7 mars 2017

L'obscurantisme révolutionnaire



Songez, que pour règler les destinées du monde, vous n'avez qu'à vouloir. Vous êtes les créateurs d'un monde nouveau, dites que la lumière soit, et la lumière sera.
Boissy d'Anglas

lundi 6 mars 2017

Armand ROBIN - Éluard, le poète de luxe du capitalisme finissant

Le deuil de Paul Eluard, nous le portons depuis bientôt dix ans. Aujourd'hui, nous avons conscience de rester les seuls à porter ce deuil selon la vérité.
 
A l'occasion de cette mort, on a partout affaire à de la partisanerie : la presse soi-disant anticommuniste et la presse soi-disant communiste s'étendent, méchamment, pour ne voir en ce poète que ce qu'il s'est laissé devenir. Pas une ligne, nulle part, pour dire ce qu'il était. Ici, c'est de LUI que nous parlerons.


dimanche 5 mars 2017

Les conseils de conchyliculture de Georges Bernanos



C'est une folle imprudence d'avoir déraciné les imbéciles, vérité qu'entrevoyait M. Maurice Barrès. Telle colonie d'imbéciles solidement fixée à son terroir natal, ainsi qu'un banc de moules au rocher, peut passer pour inoffensive et même fournir à l’État, à l'industrie un matériel précieux. L'imbécile est d'abord un être d'habitude du parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement des imbéciles d'un lieu à l'autre, elle les brasse avec une sorte de fureur. La gigantesque machine, tournant à pleine puissance, les engouffre par milliers, les sème à travers le monde, au gré de ses énormes caprices. Aucune autre société que la nôtre n'a fait une si prodigieuse consommation de ces malheureux. Ainsi que Napoléon les "Marie-Louise" de la campagne de France, elle les dévore alors que leur coquille est encore molle, elle ne les laisse même pas mûrir. Elle sait parfaitement que, avec l'âge et le degré d'expérience dont il est capable, l'imbécile se fait une sagesse imbécile qui le rendrait coriace.

Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune 

Cabot de la Loire écrirait-il comme une poire parlait ?

Portrait imaginaire du Cabot de la Loire

Il devenait souvent obscur, parce qu'il se lançait hardiment et, pour ainsi dire tête baissée, dans de longues phrases dont il n'avait pas d'avance su mesurer l'étendue ni apercevoir le bout, et dont il sortait enfin de force par une voie de fait, en brisant le sens et en ne terminant pas la pensée.

Alexis de Tocqueville - Souvenirs (A propos de Louis-Philippe)

samedi 4 mars 2017

Dis grand-père, c'était quoi la gauche ?

Si tu avais appris à lire, tu pourrais lire ça !


Dionys MASCOLO – Sur le sens et l’usage du mot « gauche »
Ce qui empêche l'homme qui se dit de gauche d'être un révolutionnaire, c'est précisément qu'il ait de l'homme une idée préconçue (...)


vendredi 3 mars 2017

Bruce Bégout, Orwell et la décence ordinaire

Un entretien publié à l'origine sur Article 11

Bruce Bégout : « Les exemples de l’indécence sociale sont multiples, quotidiens, gigantesques »
Toujours, revenir à Orwell. L’écrivain anglais n’a pas seulement livré une œuvre romanesque passionnante. Mais a aussi analysé avec une rare clairvoyance les problèmes politiques de son temps - et du nôtre. Dans De La Décence ordinaire (2008), Bruce Bégout revenait sur la pensée d’Orwell, analysant une part méconnue et très contemporaine de son œuvre. On a voulu en savoir plus.


jeudi 2 mars 2017

Jean-Claude Michéa remet quelques pendules à l'heure chez Drahi

Le plumitif salarié par Drahi est susceptible ! D'autant plus quand Jean-Claude Michéa lui rappelle quelques évidences dans cet entretien



Michéa a accepté, mais en posant ses conditions: pas de rencontre, les questions devaient être posées par courriel – sans possibilité, donc, pour les journalistes de rebondir sur ses réponses. Crainte de voir ses propos déformés? Attitude significative d’un refus du dialogue de la part de ces intellos «nouveaux conservateurs»? Sans doute, quand on voit le ton adopté par le philosophe pour répondre – par courriel, donc – à nos questions, évidemment critiques. Michéa consacre plus de lignes à aligner Libération, qu’à préciser sa pensée. Nous avons malgré tout décidé de publier cette interview dans son intégralité. Dommage, seulement, que celle-ci n’ait pas pu avoir lieu dans le cadre d’un vrai débat, face à face.

mercredi 1 mars 2017

Désespérer Saint-Germain-des-Prés... et la Place du Colonel Fabien


Combien de fois, en Allemagne, en 1932, un communiste et un nazi, discutant dans la rue, ont été frappés de vertige mental en constatant qu'ils étaient d'accord sur tous les points !
Simone Weil (1940)

mardi 28 février 2017

Quand l'Agité du Bocal conseillait d'abattre un Européen

Pas grand monde n'aurait lu Les damnés de la terre de Fanon, si Sartre n'en avait écrit la préface. Toujours prêt à se mettre au service des causes les plus douteuses, Sartre donne quelques judicieux conseils aux égorgeurs dont cette profonde pensée :
"Car, en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre"
Aujourd'hui, quelques éducateurs s'imaginent flatter l'imaginaire de leur clientèle en faisant étudier ce texte à des lycéens.

lundi 27 février 2017

Ce que la vraie gauche pense du peuple

On connait Marx et ses diatribe contre le Lumpenproletariat, on connait moins cette analyse d'un penseur que la gauche et le République honorent comme un précurseur.



samedi 25 février 2017

Un précurseur du carré noir de Malevitch

Johann Théodore de Bry - Illustration pour Robert Fludd - Utriusque cosmi maioris scilicet et minoris metaphysica (1617)

Toute l'histoire du Carré Noir sur fond blanc de Kasimir Malevitch ici :
https://fr.rbth.com/art/2014/01/07/le_secret_du_carre_noir_27305
ou ici (en anglais) :
https://publicdomainreview.org/2015/04/09/black-on-black/

On peut y ajouter la séquence finale du film de Debord - Hurlements en faveur de Sade



jeudi 16 février 2017

PAUL ÉLUARD - A propos de Louis Aragon

En 1932, Paul Eluard habilla Louis Aragon pour l'hiver !

Aragon, Eluard, Hilsum et Breton par Man Ray



UNE TACHE DE SANG INTELLECTUELLE (Certificat)

J’ai connu Louis ARAGON pendant quatorze ans. J’ai eu longtemps en lui une confiance sans réserves. Mon estime et mon amitié pour lui m’ont fait fermer les yeux sur ce que je prenais pour des défauts de caractère. Quand il allait dans le monde, je croyais qu’il était plus léger, plus sociable que moi quand il tentait de temporiser avec notre volonté de manifester publiquement notre colère, j’attribuais celle attitude à un excès d’esprit critique; ses écarts de langage me le rendaient seulement un peu puéril, un peu inoffensif; ses erreurs, je le croyais toujours assez intelligent, assez courageux, assez honnête pour les réparer. Je l’aimais, je l’estimais, je le défendais.

vendredi 3 février 2017

Armand ROBIN - Éluard, cet archange pour dames millionaires

Très tôt Armand sut à quoi s'en tenir avec Paul Éluard. Dès septembre 1943, il écrivait :
Son oeuvre fut police; elle représente très exactement l'opération la plus subtile qu'on put mener contre l'occupation du monde par les pauvres.
Ce mépris justifié n'est peut-être pas étranger à l'inscription d'Armand Robin sur la liste noire du Comité National des Écrivains (CNE) au lendemain de la Libération.


mercredi 1 février 2017

Manuel de Diéguez - Réflexions sur la torture, les aveux spontanés

Manuel de Diéguez - Réflexions sur la torture, les aveux spontanés
(articles publiés dans Combat 2-9 octobre 1952)


 I - C'est le tortionnaire qui donne mauvaise conscience à la société, Combat - 2 Octobre 1953


Il n'est peut-être pas de question plus gênante, plus quotidienne et plus mal connue que celle des conditions de l'aveu dans le monde moderne. Il semble que plus le problème s'insère dans la trame des jours et dans la conscience de l'homme moyen, plus on s'efforce de perpétuer l'imprécision et le malentendu. On répugne à une analyse rationnelle ; on se réfugie dans une sorte de naïveté volontaire bien proche de la mauvaise conscience.

dimanche 29 janvier 2017

Paul ÉLUARD - Le déshonneur d'un poète

"J'ai suffisamment à faire avec les coupables qui n'ont pas avoué." Ainsi le poète bénit-il les meurtriers qui tabassaient leurs prisonniers, leur cassaient la mâchoire, les envoyaient sous les douches glacées dans les cachots de ciment ... Ne me sortez pas vos salades sur l'âme fragile de Paul Éluard. Son âme, roulée dans les excréments de la lâcheté, émet de l'ambre jusque dans l'au-delà ...
Jan Zábrana - Toute une vie


jeudi 26 janvier 2017

Dieu et les coléoptères



Le Créateur, s'il existe, doit avoir une passion immodérée pour les coléoptères. (J.B.S. Haldane)

NB : Il y aurait plus de 1 million d'espèces de coléoptères...

lundi 23 janvier 2017

Jean MALAQUAIS - Julien Benda & la justice abstraite

Jean Malaquais est l'un de ces auteurs qui n'ont que les lecteurs qu'ils méritent ! Trop peu nombreux, mais fidèles... Comme Henri Calet, par exemple.
Voir cet hommage que lui rend Scarfenti - Jean Malaquais, Cette profonde humanité - sur Article 11.

On connait encore moins ce pamphlet de Jean Malaquais publié par la revue marseillaise Cahiers du Sud en 1939



JEAN MALAQUAIS - JULIEN BENDA ET LA JUSTICE ABSTRAITE (1939)

M. Benda ne trouve rien d'étonnant dans le fait que l’historien déforme la vérité historique pour servir des intérêts de classe; c’est, admet-il, tout à fait naturel et dans la règle du jeu. Aussi, ce qui le gêne, ce n’est point que telle investigation historique aboutisse, en dernière analyse, à la défense d’un système d’intérêts plus ou moins avouables, mais que l’historien use d’une idéologie (par exemple du patriotisme) pour y dissimuler l’objet honteux de ses travaux.


dimanche 22 janvier 2017

Joseph STALINE - Le marxisme en linguistique

Puisqu'il est question de réformer l'enseignement de la grammaire (française), les autorités ont-elles bien pris en compte l'enseignement du Petit Père des Peuples ?






Joseph STALINE - A PROPOS DU MARXISME EN LINGUISTIQUE (1950)
  Un groupe de jeunes camarades m'a demandé d'exposer dans la presse mon opinion sur les problèmes de linguistique, notamment en ce qui concerne le marxisme en linguistique. N'étant pas linguiste, je ne puis évidemment pas donner pleine satisfaction aux camarades. Quant au marxisme en linguistique, comme dans les autres sciences sociales, c'est une question dont je peux parler en connaissance de cause. C'est pourquoi j'ai accepté de répondre à une série de questions posées par les camarades. 

mercredi 18 janvier 2017

mardi 17 janvier 2017

Autres temps, même moeurs ! Sur un air de déjà vu...

En France, Kautsky est tout au plus associé au qualificatif de renégat que lui décerna Lénine. Pourtant, la grande cohorte des mastulus ligériens et des enfumeurs gogovoxiens gagnerait à réviser ses classiques...



Un exemple classique, c'est Sénèque (...). Quand il faisait de la morale, ce noble stoïcien dénonçait toute participation à la politique et blâmait Brutus pour avoir enfreint les principes du stoïcisme en se mêlant de politique.

lundi 16 janvier 2017

Louis Aragon, un patriote servile

C'est à la section française des moines-copistes prolétariens (marxists.org) qu'on doit la mise en ligne de ce pamphlet paru en 1947. Qu'ils en soient remerciés !

Jean MALAQUAIS - Le nommé Louis Aragon ou Le patriote professionnel. L'intelligence servile.



Il est triste que souvent, pour être bon patriote, on soit l’ennemi du reste des hommes. (Voltaire)

Le goût de l’âcre fruit qu’on appelle «patriote» — qu’il soit d’ici ou de là-bas ou d’ailleurs me vaut la gingivite. Acre et vert fruit en effet qui fait profession d’aimer «son» pays, et par voie de conséquence n’aime pas le vôtre. Acre et vert et «ratatiné» fruit que notre temps sécrète comme la «limace sa bave », mais dont la morphologie ne doit rien à celle des Jeanne d’Arc, Bolivar ou autres Macchabée. Je ne connais pas mélange plus curieux de hargne, de «glande lacrymale» et de «constipation chronique » que cette dame qui se sent tout chose quand sur un manche à balai on hisse les couleurs de «sa» patrie, ce monsieur qui s’étrangle d’émotion qui bat le tambour de «son» régiment. Bizarre et «corrosive chimie» qui réactionne comme un acide dès lors qu’on ne pense pas le plus grand bien de la vaillance de vos sous-officiers, de l’excellence de vos vertus domestiques, de la supériorité de votre gomme «à chiquer». Psychologie de dindon qui voit rose au faîte de son tas de fumier, qui voit rouge si le dindon du voisinage y pique le bec.

vendredi 13 janvier 2017

LÉNINE - Lettres d'un amant à sa maîtresse

Deux lettres peu connues de Lénine à sa maîtresse Inès Armand, traduites en français pour la première fois en 1950 et publiées en annexe de l'ouvrage La Femme et le communisme (Editions sociales - 1950).

On y apprend en particulier que la revendication (par la femme) de l'amour libre n'est pas une exigence prolétarienne, mais bourgeoise. Jeannette Vermeersch, madame Thorez à la ville, oublie de rappeler qu'Inès Armand était la maîtresse de Lénine.

C'est fort dommage parce que cela donne tout son sel à cette leçon de morale prolétarienne, sur le mode de 'faites ce que je dis puisque je ne dis pas ce que je fais'

Poisson du vendredi : Novacula aneitensis


Du haut en bas, Novacula aneitensis, Gomphosus varius et Gomphosus pectoralis.

Articles les plus consultés